Le BC La Chaux-de-Fonds se résume-t-il à ses triomphes et à ses héros, aux artistes du volant qui ont su capter la lumière, aux athlètes qui ont épuisé l’adversaire, en un mot, à la victoire ?
Les membres du club, y compris ceux qui ont écrit les plus belles pages de son histoire, connaissent tous la réponse : leur vraie force, ils l’ont tirée de leur communauté. Et en matière de lien social, Thierry était un champion discret, efficace et dévoué aux autres. A son palmarès, d’innombrables sourires qui – comme la douceur de sa voix et « son exquise politesse », formule l’un de ses amis – semblaient vouloir excuser sa carrure de colosse. Thierry, « force tranquille », n’a jamais eu besoin d’écraser qui que ce soit.
Ses amis du BCC se souviennent en riant de l’unique fois où il a élevé la voix, en suisse allemand en plus ! Même lui, l’assistant social professionnel, avait donc succombé aux conditions extrêmes des championnats de Suisse séniors, qui resteront gravés dans les mémoires, en particulier celles des joyeux organisateurs. Thierry avait « un vrai souci des autres ». « Il a été là pour moi », témoigne un ami avec pudeur.
Thierry, enfin, dont les filles Naya et Célia ont porté passionnément les couleurs du BCC, a été un vrai clubiste, accompagné par Lysiane. Il a pris la coprésidence du club dans un contexte difficile. Il s’est investi dans les structures lacunaires de l’AOB. Il a donc embarqué dans le paquebot des CSS. Et combien de fois ne l’a-t-on pas vu s’escrimer à la table de marque d’un tournoi ?
Thierry n’aurait pas aimé qu’on dise de lui qu’il a perdu son dernier match. Ce solide personnage était bien trop subtil pour s’appuyer sur des clichés. Et lui seul aurait trouvé une planche de BD capable d’exprimer le sentiment d’injustice et d’absurdité que génère sa disparition.