Des Crêtets à l’Adidas Arena
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Des Crêtets à l’Adidas Arena

août 22, 2025 Tristan
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Dès demain auront lieu à Paris les Championnats du Monde.

Avec, pour le BCC, la fierté de souligner la participation d’Anya Tatranova (21 ans).

Ce sera sa première expérience sur l’une des plus prestigieuses scènes du badminton mondial.

Une délégation du club se rendra demain dans la capitale française pour assister au match d’Anya.

Ci-dessous, l’interview d’Anya menée par notre journaliste et son co-équipier, joueur de la « première » Matthieu Beuchat.

Bonne lecture!

Dans le monde du badminton, tous les projecteurs s’apprêtent à se braquer sur Paris.

La Ville Lumière accueillera le gratin du badminton mondial à l’occasion des championnats du monde, temps fort de la saison, dès lundi.

En simple dames, toute la France sera derrière sa seule représentante : une certaine Anya Tatranova. Il en sera de même du côté des Crêtets, car la joueuse de 21 ans – fille de Natalya, l’entraîneure du club – a tapé de nombreux volants dans cette salle depuis son enfance. Celle qui s’entraîne désormais à l’INSEP, à Paris, depuis deux ans, raconte son parcours et livre ses impressions à quelques jours de vivre l’un des événements dont tous les badistes rêvent en commençant ce sport.

Interview

MATTHIEU : Comment es-tu venue au badminton ?

ANYA : Lorsque j’étais toute petite, j’accompagnais tout le temps mes parents au gymnase ou en tournoi. Ils étaient tous deux joueurs de haut niveau donc je les suivais. C’est donc naturellement que j’ai commencé, sans que personne ne me force.

MATTHIEU : À quel âge et où as-tu tapé tes premiers volants ?

ANYA : L’âge, je ne saurais même pas le dire précisément. Je pense que je ne savais même pas encore marcher correctement que je tapais déjà dans le volant. J’ai aussi le souvenir d’une photo où je suis assise dans un carton de volants… donc j’étais vraiment petite !

MATTHIEU : Petite justement, quel était ton rêve dans le badminton ? Tu te projetais déjà sur les grandes scènes ?

ANYA : D’abord, c’était de devenir championne de France, ça me faisait rêver. Ensuite, quand je l’ai été en junior, mon rêve est devenu de gagner les championnats d’Europe. Puis, lorsque j’y ai participé, j’ai commencé à rêver deschampionnats du Monde et des Jeux olympiques. Disons que mes rêves se sont construits par étapes.

MATTHIEU : Tu t’es d’abord entraînée à Villers-le-Lac, puis aux Crêtets à partir de 12 ans avec les actuels joueurs de LNB en profitant notamment de l’exemple de Gilles et Matthias. Quels souvenirs gardes-tu de tes entraînements à La Chaux-de-Fonds ?

ANYA : Principalement l’esprit de famille qui règne au club. Je me souviens aussi de plein de bons moments passés avec les copains, on était vraiment un bon groupe. Les camps d’été, c’est sans doute ce qui m’a le plus marquée, pour le meilleur et pour le pire. On passait des moments géniaux tous ensemble, mais en même temps on souffrait… notamment à la fameuse « Formule 1 ».

MATTHIEU : Es-tu toujours en contact avec tes anciens partenaires d’entraînement ?

ANYA : Oui, avec certains. Ça me fait vraiment plaisir de voir qu’ils me suivent et se tiennent informés de mes résultats. Quand je reviens ou qu’on se croise, on rigole toujours autant. C’est comme si je n’étais jamais partie.

MATTHIEU : Peux-tu nous décrire en quelques mots une journée type à l’INSEP ?

ANYA : En temps normal, je me réveille vers 8h. Ensuite je mange, me prépare et arrive à la salle vers 9h. L’entraînement de badminton commence à 10h, mais on doit être prêt à jouer à ce moment-là, donc échauffé avant. Ça dure en principe jusqu’à 12h, puis on a encore de la muscu. Ensuite je vais dîner, puis j’essaie de faire une petite sieste. À 15h, on reprend l’entraînement, badminton ou physique selon les jours. Le soir, je vais au massage ou je fais de la récupération au sauna, voire au hammam. Je mange après, vers 20h, puis je vais dormir.

MATTHIEU : À quelques jours de ton entrée en lice aux championnats du monde, comment te sens-tu ?

ANYA : Pour le moment, ça va. Si tu m’avais posé la question demain (interview réalisée vendredi), la réponse aurait peut-être été différente, car c’est là qu’on va s’entraîner pour la première fois dans la salle. Maintenant, je suis surtout excitée, d’autant plus que c’est à domicile et encore plus parce que je vais jouer la championne olympique 2021. En tout cas, je me réjouis !

MATTHIEU : La préparation pour les mondiaux est-elle différente de celle pour une autre compétition ?

ANYA : Oui, déjà différente de celle des championnats d’Europe par exemple. Là, on a fait un bloc spécifique de 5 semaines. Les trois premières ont été très intenses, avec beaucoup d’entraînements. Depuis une semaine et demie, on a réduit le volume mais gardé l’intensité. On a aussi eu des joueurs et joueuses d’autres nations qui nous ont rejoints pour la fin de la préparation.

MATTHIEU : Tu seras opposée à Chen Yufei, numéro 4 mondial. Que penses-tu de ce tirage ?

ANYA : Je dois avouer que je ne l’ai pas regardé en direct, j’étais à la salle de muscu. Ce sont les autres joueurs de l’équipe de France qui sont venus me le dire. Au début, j’étais un peu dégoûtée. J’aurais préféré jouer une adversaire plus abordable au premier tour et ensuite affronter ce genre de joueuse. Mais il aurait fallu que toutes les étoiles s’alignent… car toutes celles présentes sont vraiment fortes. Après réflexion, je suis finalement contente !

MATTHIEU : Quel est ton objectif pour ces mondiaux ?

ANYA : Surtout réussir à mettre en place ce qu’on a travaillé pendant la préparation. Sinon, c’est surtout… kiffer !

MATTHIEU : Toute la salle sera derrière toi. Tu te réjouis de l’ambiance ?

ANYA : Oui, même si d’habitude je n’entends pas trop quand je joue. Mais peut-être que là, si. Je me réjouis surtout de savoir que des gens que je connais seront là pour me voir. Ça, c’est cool et ça motive.

MATTHIEU : Tu as un rituel ou un porte-bonheur avant chaque match ?

ANYA : Pas vraiment. En principe, je prends surtout une grande respiration. Avant d’entrer sur le terrain, on est souvent excité et un peu stressé, et respirer un bon coup aide à redescendre.

MATTHIEU : Tu es dans le top 100 mondial et tu participes aux mondiaux. Quel est ton objectif à long terme ?

ANYA : À long terme, je dirais les Jeux olympiques. À moyen terme, ce sont surtout les championnats d’Europe. Y décrocher une médaille serait super. Pas forcément l’an prochain, même si c’est possible, mais plutôt l’année d’après.

MATTHIEU : Pour finir, si tu pouvais affronter n’importe quelle joueuse, actuelle ou ancienne, qui choisirais-tu ?

ANYA : Je dirais Carolina Marin. Je n’ai jamais pu l’affronter et maintenant elle n’est plus à son meilleur niveau. J’aurais vraiment voulu voir ce que ça donnait.

Voilà un parcours qui a de quoi inspirer les plus jeunes, rendre fiers ceux qu’elle a côtoyés et impressionner les plus âgés. Dans tous les cas, grands et petits soutiendront Anya lundi lors de son entrée en lice face à Chen Yufei, numéro 4mondial. Le match sera à suivre en direct sur la chaîne L’Équipe.

Afin de clôturer cet entretien en compagnie de la 90e joueuse mondiale, nous vous proposons une touche plus légère avec le format Oui/Non. Les règles sont simples : des questions, et Anya n’a le droit de répondre que par « oui » ou « non ». Un brin provocatrice mais toujours avec le sourire, voici le résultat.

Oui/Non avec Anya Tatranova

• Les championnats du monde, c’est le plus gros événement de ta carrière jusqu’ici ? Oui

• Tu vas les gagner, ces mondiaux ? Joker

• Tu préfères les entraînements de défense à ceux d’attaque ? Oui

• Le métro parisien, c’est aussi terrible qu’on le dit ? Non

• Les entraînements à La Chaux-de-Fonds, ça te manque un peu ? Oui

• Les séances physiques à Paris, c’est plus dur que la Formule 1 du camp ? Oui

• Tu smashes plus fort que Gilles et Mathias ? J’aimerais dire oui, mais ce n’est pas mon point fort… donc non.

• Le rap, c’est le meilleur style musical pour se motiver avant un match ? Oui

• La musique française, c’est au-dessus de la musique anglaise ? Non

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