Sabrina en interclubs aux Crêtets. Une image qui appartiendra bientôt au passé.
Il y a deux semaines à Brigue, Sabrina est devenue championne de Suisse pour la… 30e fois de sa carrière en remportant son 8e titre en simple. Au moment de prendre le micro, notre championne n’a pas pu parler. Pas tout de suite. L’émotion était trop forte. A 32 ans, Sabrina était sur le point de dire au revoir à ce badminton suisse qu’elle a marqué de son empreinte. Ce samedi aux Crêtets contre Lausanne, elle pourrait jouer pour la dernière fois devant son public.
Sabrina, comment est-ce que tu as vécu cette victoire en finale du simple à Brigue contre Jenjira? Déjà en plein match, j’ai senti une ou deux fois les larmes monter. Je me suis dit: « quand même, ressaisis-toi, tu as un match à terminer! »
Pourquoi l’émotion était-elle si forte? Il y a beaucoup de choses qui remontent à la surface dans ces moments-là. Les championnats de Suisse, ce n’était pas forcément mon tournoi préféré, je n’en faisais pas mon objectif principal de la saison, mais c’est quand même sur cette scène-là que j’ai connu mes premières grandes émotions sportives, il y a quoi, 14 ou 15 ans…
Alors ça y est, la décision est prise, la compétition, c’est bientôt fini? J’ai décidé il y a un an ou deux déjà que ce serait mes derniers championnats de Suisse. Je m’y tiendrai. Je ne me vois pas stopper ma carrière internationale et m’entraîner chaque année exprès pour ce tournoi… Je ne serai pas non plus du genre à collectionner les médailles aux championnats de Suisse séniors. C’est ce que je pense aujourd’hui, en tout cas. Il y a un moment que j’éprouve le besoin de vivre autre chose que le badminton.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour ta fin de carrière? Tout le monde m’en parle, mais je ne fais pas une obsession d’une troisième participation aux Jeux olympiques. Je suis bien placée pour être du voyage à Tokyo et je suis confiante. Mais ce qui m’importe surtout maintenant, c’est de revivre des grands moments sur le court, de ressentir à nouveau cette confiance, cette impression que tout est possible.