Photo: Laurent Dubois
Le BCC a la chance d’accueillir depuis peu dans son équipe Kate Foo Kune, Mauricienne de 25 ans, multiple championne d’Afrique et… super coéquipière, à en croire le premier week-end qu’elle a passé dans le championnat de Suisse.
La jeune joueuse, qui a déjà connu l’honneur olympique à Rio, a saisi sa chance de pouvoir vivre et jouer dans la Mecque européenne du badminton, le Danemark. Son prochain but: les J.O de Tokyo.
Kate n’a pas découvert les Crêtets cet hiver. Elle les connaît depuis septembre 2016, quand elle est venue avec l’équipe parisienne d’Issy-les-Moulineaux, pour participer à la journée organisée en l’honneur de Sabrina Jaquet.
Les deux joueuses étaient alors coéquipières, et aujourd’hui elles le sont à nouveau! Dès le premier jour, Kate nous a accordé une interview, très affable malgré une défaite dure à encaisser.
Kate, avec Sabrina, vous vous connaissez par coeur?
En fait, on a joué que deux saisons ensemble à Issy-les-Moulineaux. Tous les deux, on y jouait le simple, on n’avait jamais joué en double ensemble avant ce match du BCC contre Team Argovia. Avec Sabrina, nous sommes bonnes amies. Pendant la période de qualification pour les Jeux olympiques, on était souvent dans les mêmes hôtels.
Comment ça a commencé pour toi, le badminton?
A 6 ans, à l’Île Maurice. J’étais une enfant hyperactive. Là-bas, le niveau n’était pas très élevé (c’est mieux aujourd’hui). Le coach n’avait pas de références. Jusqu’à 18 ans, j’ai progressé comme je pouvais. Ensuite, je suis partie en Grande-Bretagne pour faire carrière.
C’était un déracinement?
Beaucoup quittent l’île pour leurs études, je ne suis pas une exception. Mais c’était dur de vivre seule, sans ma famille. Je n’ai fait qu’une année en Grande-Bretagne, je n’ai pas aimé. Ensuite, j’ai passé quatre ans en France, avant de partir au Danemark.
Le Danemark du badminton, c’est vraiment un monde à part?
Oui, là-bas, c’est une vraie culture. Il n’y a pas beaucoup de monde qu’ici aux matches, qui se jouent souvent en semaine. Bon, Triton Aalborg n’est pas l’un des plus grands clubs et on est loin de Copenhague… Mais ce pays reste une usine à champions. Les clubs sont au centre du système: les staffs sont plein d’anciens champions, les joueurs ont tous leurs potes au club, il y a des fêtes de Noël, etc.
Tu découvres le championnat de Suisse, qu’en penses-tu?
Cette règle de protection des joueurs nationaux n’existe pas partout. D’un côté, ça limite peut-être un peu le niveau et le spectacle, de l’autre ça renforce sûrement le badminton suisse.
Quel est ton rêve de joueuse?
Rentrer dans le top 20 (Kate est aujourd’hui 73e mondiale). Je me donne encore 5-6 ans pour le faire. J’ai accumulé beaucoup de retard en début de carrière, mais si on a la hargne, on est tous capable d’y arriver. Je dois encore progresser techniquement.
Un mot sur cette première équipe du BCC?
J’aime beaucoup l’ambiance! Et tout le monde parle français, ça fait du bien (Kate joue aussi en République tchèque cette saison)! Peut-être que je ne ferai pas seulement quelques matches à La Chaux-de-Fonds! On verra…
Photo: Alain Fornage