Aux Crêtets, personne n’a oublié les coups de poignet ravageurs de ce colosse showman et un brin caractériel, un vrai fou du volant… de badminton. Oliver Colin, comme près de 300 autres joueurs, participe ce week-end à La Chaux-de-Fonds aux championnats de Suisse seniors, organisés par le BCC au Pavillon des sports, aux Crêtets et aux Foulets.
L’ancien joueur du club des Montagnes est revenu dans la Métropole horlogère pour tout rafler. Normal, il est champion d’Europe de la discipline dans la catégorie des plus de 40 ans. Pour y arriver, le Neuchâtelois de 41 ans s’entraîne encore «sept jours sur sept, presque toute l’année»!
Policier dans une unité spéciale de la gendarmerie vaudoise, père de cinq enfants, le citoyen d’Orbe (VD) mène une existance «minutée» pour entretenir une passion qu’il suit «depuis tout gosse». Interview.
Oliver Colin, quel est votre objectif lors des championnats de Suisse?
Un autre résultat qu’une victoire dans les trois disciplines (simple, double et mixte) serait décevant. Je me réjouis particulièrement de rejouer avec Corinne Métille après sa maternité (ancienne championne de Suisse du BCC). Avec elle en mixte, nous n’avons jamais perdu chez les seniors.
Pourquoi jouer dans la catégorie des plus de 35 ans, vous pourriez jouer en S40…
Il faut se lancer des défis! Je suis sextuple champion en titre, je crois. Tant que je gagne, je continue.
Qui peut vous battre, ce week-end?
Je n’ai pas d’adversaire, en tout cas sur le papier. C’est rare de s’entraîner encore autant à mon âge. Il y a aussi un trou après ma génération et les «anciens» qui régatent encore en élite ne sont pas encore assez vieux pour être admis chez les seniors.
Vous vous entraînez encore combien de fois par semaine?
Tous les jours, presque toute l’année, et ça depuis tout gosse. Pour les «All England», un des grands tournois du calendrier mondial où j’ai fini deuxième, j’ai pris des vacances pour me préparer. Je m’entraînais souvent deux fois par jour.
C’est comme ça que vous êtes devenu champion d’Europe à Guadalajara (Esp) l’an passé?
J’étais l’un des outsiders. J’ai affronté des joueurs qui ont atteint un niveau beaucoup plus élevé que moi lorsqu’ils étaient professionnels, mais ils ne s’entraînent plus que deux ou trois fois par semaine. Tout a été comme dans un rêve. Comme il n’y avait presque qu’un match par jour, j’ai pu me mettre dans ma bulle, faire une heure de préparation physique avant chaque match. La finale contre le Français Thomas Blondeau a été incroyable. J’ai gagné le premier set 21-18 alors que je perdais 18-12…
Et comment faites-vous avec la famille?
Ils sont habitués (sourire). Je bosse souvent de nuit, j’ai des horaires irréguliers. Je dors très peu, mais je suis habitué. Il m’arrive de dormir deux heures et d’aller quand même m’entraîner. C’est un rythme de vie que le commun des mortels ne tiendrait pas une semaine, une existence planifiée et minutée, mais ça me permet de m’occuper de mes gosses. Je fais beaucoup d’activités avec eux. Il y en a un qui fait du badminton en compétition.
Pas les autres?
Chacun est libre de faire ses activités (sourire).
Quel est votre souvenir du BCC, club avec lequel vous avez remporté un titre de champion de Suisse?
Le BCC m’a permis de goûter aux joies du haut niveau, de jouer mes premiers matches en LNA. J’ai toujours eu un attachement particulier à ce club, des amitiés qui durent. C’était une chouette époque.