Marius, au premier plan. Photo: Alain Fornage
Marius Myhre et le BCC, c’est une idylle qui dure depuis maintenant trois ans. Et qui sait ce que cette belle histoire nous réserve encore…
Le Norvégien de 27 ans tout juste – il les a fêté ce mercredi – est un gentleman. Au club, il fait l’unanimité. Et lui a du plaisir à prendre l’avion à Oslo pour retrouver La Chaux-de-Fonds, le BCC, ses coéquipiers et ses hôtes.
Je lui ai posé quelques questions à l’issue du match contre Uzwil, il y a deux semaines.
Marius, on est presque à mi-saison. Le titre de champion de Suisse du printemps dernier, tu y penses encore?
Oui, l’énergie et la passion apportées par ce titre sont toujours présentes. Pour moi, c’est important. Un match de ligue A aux Crêtets, ça ne représente pas trois heures, mais plutôt trois jours dans mon cas. Donc, c’est important d’être heureux à chaque fois de venir, pour retrouver cette atmosphère et la gentillesse des gens d’ici. Cette victoire, c’était une sensation incroyable, la fin de saison nous a donnés une grande confiance, la certitude qu’on est capable de jouer à un sacré niveau, tant individuellement que collectivement.
Est-ce frustrant d’être un joueur norvégien, petit voisin ignoré du « grand » Danemark, le pays du badminton?
Oui, il y a un côté frustrant, c’est vrai. Chez nous, il n’y a pas beaucoup d’émulation. Je suis le meilleur en Norvège depuis l’âge de 14 ans. Et je ne crois pas me tromper en disant que je suis le meilleur joueur de l’histoire du pays, même si je n’ai jamais disputé les Jeux olympiques. D’un autre côté, la Norvège, c’est mieux que l’Ukraine: tu n’es pas au milieu de nulle part sur la planète badminton! En 50 minutes, je suis au Danemark. Je vais piquer des pommes au Danemark, comme on dit en anglais (sourire)!
Etre joueur de l’équipe nationale en Norvège, c’est un peu un dilemme, non?
Oui, si tu veux être soutenu, tu as certaines obligations, comme le fait de t’entraîner au pays, forcément avec peu de sparring-partners. Tu dépends des choix de ta fédération. Actuellement, j’ai une bonne relation avec le nouvel entraîneur national.
Tu n’es plus que 371e au classement mondial. Comment ça se fait?
Je ne m’investis plus autant qu’avant. C’est un choix. J’ai été un pro à 100% entre 17 ans et 26 ans et j’ai fini par ressentir la lassitude d’être seul à faire ce que je fais en Norvège, ainsi que la fatigue liée aux efforts que doit consentir un athlète de haut niveau. Mon rêve était de rentrer un jour dans le top 20. Je n’y suis pas arrivé mais je n’ai pas de regret, j’ai fait de mon mieux.
Que fais-tu à côté du badminton?
Je travaille dans l’entreprise de mon père, qui fabrique des plans et des cartes. Je fais des choses très basiques en terme d’ingénierie. Mais mon expérience de joueur professionnel m’a apporté un bagage qu’on n’acquiert pas dans les hautes écoles: il faut savoir convaincre les sponsors, trouver les mots justes, savoir se « vendre » comme un produit.